Trois jours à Agadir – Entre famille, argan et bien-être
À la mi-novembre, alors que l'hiver en Belgique commençait déjà à me serrer la gorge, j'ai décidé de m'évader à Agadir pour trois jours. Un court voyage, mais exactement ce dont j'avais besoin : du soleil sur ma peau, de la chaleur dans mon cœur et une visite à notre coopérative d'argan. Mais surtout… revoir mes grands-parents.
Ce voyage avait une signification particulière.
C'était la première fois que Meya venait au Maroc. Ma fille s'est sentie chez elle instantanément. Elle a couru, ri, vécu — comme si l'espace et la chaleur lui avaient donné des ailes. Je lui ai permis plus de liberté là-bas qu'ici. Il y a quelque chose au Maroc qui permet aux enfants de respirer plus librement.
Et puis il y avait ma grand-mère.
La femme qui a façonné mon enfance avec ses mains douces et ses mots forts. Pour la première fois, elle a rencontré Meya — son arrière-petite-fille. Et comme je m'y attendais, elle a été complètement captivée par elle, follement amoureuse dès le premier instant.
La veille de mon retour en Belgique, elle a frappé à ma porte. Elle voulait me parler — juste nous deux.
Elle m'a dit que je devais toujours garder Meya près de moi, ne jamais la donner à qui que ce soit. Sa voix tremblait légèrement, comme si chaque phrase était prise entre l'amour et la peur.
Le passé de ma grand-mère plane autour d'elle comme un murmure. Elle a été orpheline très jeune — perdant sa mère et son père dans des accidents tragiques. Ce vide l'a façonnée, la rendant farouchement protectrice envers sa fille (ma mère), envers moi, et maintenant envers Meya.
J'ai pris ses mains et lui ai doucement dit de ne pas s'inquiéter.
Que le passé n'avait pas à définir le présent.
Que les blessures pouvaient guérir lorsque les générations étaient prêtes à travailler ensemble.
Que l'amour — et non la peur — devait guider notre avenir.
Et alors qu'elle hochait la tête, j'ai vu un calme morceau de paix revenir dans ses yeux.
Trois jours à Agadir.
Soleil, famille, argan… mais surtout : se souvenir d'où nous venons, afin de comprendre où nous voulons aller.
Un court voyage — mais qui a connecté trois générations : ma grand-mère, moi-même et Meya.
Et c'est quelque chose que je porterai toujours en moi.
(LIEN VERS LA PUBLICATION INSTAGRAM @NOAREWORLD)